Température du cadavre

Ensuite, le médecin légiste prend la température du cadavre et de son environnement le plus vite possible. La température corporelle du cadavre  diminue et va progressivement rejoindre celle du milieu où elle se trouve. La température s’égalise avec celle du milieu ambiant en 24 heures et la vitesse de refroidissement est de 1°C par heure pendant les 24 premières heures. La peau se refroidit rapidement et atteint la température ambiante en 8 à 12 heures, alors que le centre du cadavre met quant à lui 2 à 3 fois plus de temps.

Claus Henssge a créé un système d’abaque permettant de déterminer, en fonction de la température du corps, de la température ambiante et de la masse de l’individu, le temps probable de la mort : le nomogramme de Henssge. Ce dernier n'est seulement précis que sur un corps nu dans un air calme.

 2972657463-1-3-8dj6f1hx.jpg

Utilisation du nomogramme de Henssge : on trace une ligne entre la température du cadavre (sur l’échelle de gauche) et la température ambiante (sur l’échelle de droite). Cette ligne coupe le trait oblique. On trace alors un nouveau trait partant du cercle en bas à gauche. Cela coupe la courbe du poids, ce qui donne le temps écoulé depuis la mort et la marge d’erreurs.

Cependant, il existe des facteurs qui modifient cette estimation. Les principaux facteurs sont :

- Les mouvements de l’air, qui accélèrent les pertes thermiques par convection.

- L’humidité de l’air : les pertes thermiques sont d’autant plus importantes que le degré hygrométrique de l’air est élevé.

- La présence des vêtements, qui jouent un rôle d’isolant thermique et le refroidissement du corps sera d’autant plus retardé que leur épaisseur sera importante.

- Le cas d’un corps immergé : la déperdition thermique du cadavre est beaucoup plus rapide dans l’eau que dans l’air, et se voit encore accélérée lorsque le corps se trouve plongé en eau courante.

Il est donc souvent nécessaire de faire intervenir des éléments de correction qui réduisent ou accélèrent le refroidissement d’un facteur « Cf ». Si « Cf » est supérieur à 1, le corps se refroidit plus lentement. Un facteur Cf inférieur à 1 indique que le corps se refroidira plus vite. On multiplie donc le coefficient concerné par l’estimation  de départ correspondant à un corps nu dans un milieu sec.

--> Le coefficient d’un corps varie selon certains critères. Suivant les vêtements qu’il porte :

- et s’il est sec dans un air calme, alors Cf est compris entre 1,0 et 2,4.

- et s’il est sec dans un air en mouvement, alors Cf est compris entre 0,75 et 1,4.

- et si ses vêtements sont humides, dans un air calme, alors Cf est compris entre 0,5 et 1,2.

- et si ses vêtements sont humides, dans un air en mouvement, alors Cf est compris entre 0,7 et 0,9.  

- et s’il est dans de l’eau stagnante, alors Cf est compris entre 0,5 et 1,0.

- et s’il est dans de l’eau courante, alors Cf est compris entre 0,35 et 1,0.

--> On dénombre trois phases de refroidissement du corps à partir du décès :

- une phase dite de plateau thermique initial,  pendant laquelle  la température du cadavre décroit peu. Donc la théorie de Henssge ne fonctionne pas entre la première demi-heure et la troisième heure suivant le décès.

- une phase intermédiaire de décroissance rapide, qui se déroule de la troisième heure à la dix-huitième. Durant cette période  la théorie de Henssge se révèle très efficace.

- une phase terminale de décroissance lente où la température du corps finit par s’égaliser très progressivement avec celle du milieu ambiant. Elle dure de la dix-huitième à la vingt-quatrième heure après le décès.  A partir de cette phase la théorie de Henssge n’est plus utilisable.

temperature-postmortem.png

 

 

          

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×