Toxicologie

 On fait appel à la partie toxicologie de la police scientifique après l’autopsie d’un décès suspect. Le toxicologue prélève alors différents liquides organiques pour déterminer la façon dont la personne a trouvé la mort. Dans la plupart des cas, l’objectif est de détecter la présence de poison ou d’une overdose de  produits chimiques ayant pu contribuer à la mort de la personne, ainsi que s’il s’agit d’un acte volontaire ou accidentel.

Si une substance est particulièrement suspectée, une méthode très spécialisée peut être utilisée pour la détecter. Par contre, si l’on suspecte un empoisonnement avec un produit inconnu, toutes sortes de tests peu spécifiques peuvent être utilisés (immunodétection*, chromatographie en couche mince..), mais ils seront donc moins performants. S’ils sont positifs, il faut alors procéder à des tests plus spécifiques (chromatographie en phase gazeuse, spectrométrie de masse..) qui déterminent la formule chimique du produit.

Les substances que les toxicologues prennent en compte sont les drogues (dures comme l’héroïne ou « acceptables » comme l’alcool), les poisons (à base de métaux comme le Thallium ou naturels à base de plantes), et les médicaments.

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--> Les prélèvements obligatoires que fait le médecin légiste sont au nombre de six :

-Le sang : Le sang cardiaque et périphérique est le prélèvement le plus important car l’observation de son analyse peut donner une interprétation quant au niveau d’imprégnation des substances trouvées dans le corps. Effectivement, lors de l’absorption, de l’injection ou de l’inhalation d’une drogue ou d’un autre produit toxique, celui-ci s’introduit dans le sang avant de se diriger vers les organes du corps.

-L’urine : L’urine est généralement présente en grande quantité. Elle permet de mettre en avant la dernière administration du produit toxique en mesurant les métabolites*. S’ils sont présents en grandes quantités, le délai de l’exposition est considéré comme long, et inversement.

- L’humeur vitrée : Elle doit être prélevée dans un délai de 2 à 4 jours car elle se liquéfie très rapidement. L’humeur vitrée représente un double intérêt pour la police scientifique, car elle permet de faire une estimation du délai post-mortem (avec une marge d’erreur) ainsi que de confirmer si un taux important d’alcool a été préalablement ingéré par la victime.

- Les cheveux : Les cheveux possèdent la propriété de marqueur des expositions, répétées ou chroniques, à des substances de types drogues et médicaments. On peut donc grâce à l’analyse des cheveux établir un profil de consommation à long terme.

- Le contenu gastrique : Ce milieu permet de déterminer la voie d’introduction du toxique dans l’organisme (introduction orale, intra-nasale ou sublinguale). L'analyse du contenu gastrique permet parfois de retrouver des fragments de  médicaments ou de débris de végétaux. Les substances toxiques se retrouvent sous forme non-métabolisée, ce qui simplifie l'analyse.

- Les poumons : En cas de décès rapide par inhalation d’une substance volatile, la distribution du xénobiotique* dans la circulation du sang peut être incomplète. Dans ce cas le poumon, étant la voie d'introduction du toxique volatil dans l'organisme, apparaît comme très « enrichi ». 

Selon les résultats des observations faites sur ces différents prélèvements, on peut ajouter certains prélèvements alternatifs comme la bile, les viscères* et les liquides de putréfactions.

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