Historique

    L’apparition de la technique de l’autopsie s’est réalisée au fil des siècles car il était très difficile, notamment pour la religion catholique, d’accepter de violer le caractère sacré du corps humain.

     Dès la plus haute Antiquité, la religion s’est emparée de la dépouille humaine et lui a donné un caractère sacré.                                                                                                                                    Le conflit naît rapidement entre l’idée scientifique et l’idée religieuse. En effet, les pratiques sur le corps humain étaient formellement interdites chez les Indous, l’enseignement de la médecine de l’époque reposant sur l’observation de mannequins.

     Les Egyptiens avaient quant à eux un curieux respect du cadavre humain (embaumement, pyramides …). En 280 avant l’ère chrétienne, l’Ecole d’Alexandrie fit une rupture totale avec les traditions de l‘Antiquité. Erasistrate et Hérophile ont disséqué vivants des criminels condamnés à mort. L’Ecole reconnaissait donc la primauté de la science sur le culte traditionnel des morts. Ces habitudes s’interrompirent à la mort de Ptolémée II. Mais cette courte période (330 à 247 avant Jésus Christ) permit à la médecine d’immenses progrès.

     En Grèce, les examens anatomiques n’étaient autorisés que sur les cadavres des traîtres, de grands criminels et d’enfants perdus. Ces examens cessèrent avec le grand Hippocrate (460-370 avant Jésus Christ). Il considérait en effet la médecine comme une branche de la philosophie et préférait utiliser le raisonnement à l’expérience.

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     A Rome, le principe d’inviolabilité du corps humain persiste jusqu’à l’ère chrétienne. L’œuvre de Galien (129-200) est basée sur l’anatomie de l’animal.

     Aux temps chrétiens, l’enseignement était purement livresque, reposant sur l’interprétation des ouvrages anciens, notamment d’Hippocrate et de Galien.

     En l’an 1300, le pape Boniface VIII, dans son Decretum de Sepultaris, promet l’excommunication à tous « ceux qui extrairaient les viscères du corps des défunts pour en faire un abus horrible et détestable ». Mais malgré cet avis de l’église, les dissections s’organisèrent de façon sauvage.

     En 1376, Louis d’Anjou accorde à la Faculté de Montpellier « le privilège de saisir tous les ans la dépouille d’un condamné à mort ».

     Le corps humain sera officiellement et publiquement exploré pour la première fois par André Vésale pendant le XVIe siècle. En 1543, il publie « de humani corporis fabrica » : la fabrique du corps humain qui sera, comme le dira G. Canguilhem quatre siècles plus tard, «  un document capital pour l’histoire de la médecine ». L’autopsie est alors acceptée.

     L’autopsie s’inscrit au sein de l’histoire de la médecine, de l’anatomie, de la chirurgie mais également au sein de celle de la pensée médicale et de l’évolution technologique de la médecine.

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